Le minimalisme

Bonjour à vous mes petits bourgeons !

Pour commencer, voici une petite anecdote :

Un jour, alors que je me sentais un peu ridicule dans ma chambre d’enfant trop grande, j’ai ressenti le besoin de faire l’expérience de vivre dans un endroit “à ma taille”. Dans la maison de mes parents il y avait un placard, je n’y rentrais pas en position couchée, ni dans un sens ni dans l’autre. mais il avait de hauts murs blancs, un revêtement de lino style parquet couleur miel au sol. je savais que j’y serais bien. Je l’ai vidé, en entreposant tout ce qu’il contenait dans ma chambre “officielle”, puis je l’ai balayé et lavé. J’ai fermé la porte et me suis assise sur son sol. Je suis restée là quelques minutes et puis je suis sortie de peur que mes parents ne me prennent pour une folle. J’avais une dizaine d’années.

Plus tard, j’ai découvert ce qu’est le minimalisme dans le livre de Dominique Loreau : “L’art de la simplicité”. Un mode de vie basé sur l’être et non plus sur l’avoir. A contre courant de notre société de surconsommation, il s’agit de ne posséder que le nécessaire.

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La volonté de devenir minimaliste ne s’explique pas parfois. Il peut s’agir d’un besoin profond, que l’on a en soi depuis bien longtemps mais qu’on n’assume pas, à cause de cette pensée commune qui est : “être riche” c’est acheter, posséder, accumuler, et vivre dans une immense maison.

Bien sûr qu’être minimaliste c’est être “riche”, mais d’autre chose. Bien sûr que “cet autre chose”, tout le monde y aspire, car il s’agit du bonheur, du bien être, de la paix… Et pour certains, c’est dans un lieu épuré que la vie et l’expérience prennent tout leur sens.

Bien sûr qu’être minimaliste est un bon moyen de faire des économies, en achetant de manière consciente, responsable et uniquement ce dont on a réellement besoin, on dépenses moins, car on ne va pas forcément faire l’acquisition d’un objet neuf, mais plutôt un vieux truc d’occasion qui a fait ses preuves, voir ne rien acheter du tout, puisqu’en ce moment on n’a pas de besoin particulier. Un toit, de quoi manger, se laver. Cela devrait nous suffire…

Bien sûr qu’être minimaliste apporte sa part de bien être physique, on gagne en naturel dans son alimentation en achetant des produits frais (moins cher et meilleur pour notre santé) plutôt que du tout prêt. Mais aussi dans sa façon de se déplacer dans le monde en prenant ses pieds ou son vélo pour se rendre au travail plutôt que d’utiliser le métro ou sa voiture (accumulation de biens, de frais, de stress dans les embouteillages, mais malheureusement certaines personnes y sont contraintes c’est évident).

Bien sûr qu’être minimaliste nous fait gagner du temps, on fait moins la poussière puisqu’on a moins de bibelots, on fait moins les boutiques puisqu’on s’est rendu compte qu’on avait pas de besoin particulier en ce moment, on passe moins de temps dans les supermarché, puisqu’on achète plus que des aliments frais qu’on trouve chez les artisans tels que le boucher, boulanger, ou chez son agriculteur, primeur, AMAP…

 

Patience et détermination

On n’atteindra pas cette façon de vivre du jour au lendemain. J’y ai cru, vous savez, je me suis dit “trop fastoche, je vais donner toutes mes possessions à des œuvres caritatives, je n’aurais plus rien et je pourrais vivre dans le vide absolu !”

Mouais. Bien tenté mais en fait non. Car il y a beaucoup de choses auxquelles on reste attachées. Mais surtout : il y a beaucoup de choses tout court.

Cela fait déjà plus de deux ans que je m’y penche réellement. Eh bien, tous les six mois j’ai une bouffée de motivation pour désencombrer, ça me fait beaucoup de bien, je teste mes limites, fais des dons, mais à chaque fois ce sont des sac poubelle de 100 litres remplis à ras bords que je sors de chez moi pour les amener à la croix rouge ou à Emmaüs. Et quand je perds l’espoir de devenir enfin une vraie minimaliste, au vu du travail que cela me demande, je laisse tout ça de côté jusqu’à ma prochaine crise de besoin du vide.

C’est une démarche qui demande du temps, de la volonté. Parfois on abandonnera pendant plusieurs mois, années, et peut être même pour la vie, mais parfois on se replongera avec plus d’ardeur encore dans son désencombrement, et surtout dans les retrouvailles avec soi-même.

 

Devenir minimaliste, c’est toute une aventure psychologique.

On arrête pas du jour au lendemain de faire les boutiques, surtout si on y prenait du plaisir.

On ne jette pas toutes ses possessions dans le conteneur le plus proche, déjà parce que ce n’est pas Zéro Déchet n’est ce pas ? Mais aussi parce qu’il en reste toujours quelque part, même si ça fait deux ans qu’on désencombre son petit nid, parce qu’en vérité notre société nous façonne de sorte à ce qu’on ai “besoin” des choses et qu’on y tienne absolument.

Alors, à moins d’avoir vu tous ses biens disparaître dans un jolie feu de joie, de détenir un box/garage/grenier/cave où les stocker, ou encore de pouvoir accéder à sa chambre chez ses parents pour y laisser tout son propre joyeux bordel, il faut s’attendre, quand on projette de s’engouffrer dans le minimalisme, à y passer du temps, pour finalement en gagner.

On pourrait penser, à travers mon récit, que ce n’est finalement pas très enrichissant comme expérience. Mais en réalité, si, c’est incroyable l’effet que ces deux années d’engagement ont eu pour effet sur moi. Et je n’ai même pas fini ! Et même si parfois je perds espoir, je me rends vite compte que je ne fais que m’écouter un peu plus chaque fois en me laissant le temps nécessaires à ma propre évolution. C’est aussi ça, être minimaliste, c’est partir à la rencontre de soi même.

 

Ce qui m’a aidé à progresser vers le minimalisme :

  • Le défi minsgame sur 30 jour : il s’agit de se débarrasser d’1 objet le premier jour du défi, de 2 objets le 2ème jour, de 3 objets le 3ème jour etc, et de prendre en photo chaque jour les choses qu’on a sélectionnées. Je le fais parfois à retardement ou en avance, accepter de ne pas être rigoureuse telle une machine c’est important pour moi, je procrastine et c’est très bien comme ça !
  • L’observation de la récurrence de mes besoins/envies sur le long terme, jusqu’à ce qu’en fin de compte, je finisse par oublier ce besoin/cette envie, ou alors que je tombe sur l’objet désiré, dans toute sa splendeur et perfection… Comme ce manteau que je me suis offert alors que j’en désirais un depuis plusieurs années. Non, je n’en avais pas 🙂 Oui je suis patiente.
  • “L’art de la simplicité” écrit par Dominique Loreau, ce livre est une ôde à la sobriété sublime, qui donne envie de vivre dans une seule pièce, parfaite, belle, pratique, sans la moindre petite tâche visuelle, sonore ou palpable qui ne saurait perturber la méditation d’un moine tibétain.
  • Les lieux caritatifs dans lesquels je me suis déjà rendu pour chiner, visiter, regarder les prix, et malgré moi, pour ressentir les lois qui les régissent, telles que l’entraide, la bienveillance, la douceur, la joie de donner et de recevoir. Une énergie qu’on ne ressent pas à tous les coins de rues, attirante, elle devient vite addictive, et tu finis vraiment par donner tout ce que tu possèdes, ou presque 🙂
  • La découvert du mode de vie Zéro Déchet, qui a su donner une dimension écologique et responsable à ma démarche minimaliste et m’a conforté dans ce projet.
  • Prendre en photo les objets auxquels je tiens, mais qui me sont inutiles et dont je finis par me séparer.
  • Les listes de 100 objets des autres minimalistes, qui me font rêver, bien que je ne veuille pas atteindre un chiffre en particulier (pas de pression, on avance à son rythme), cependant, de me dire qu’un jour peut être je serais capable de lister mes biens personnels, ça m’emplit de joie et de motivation !
  • Entrainer son esprit minimaliste, à toutes les occasions possibles, dans les magasins, chez soi, devant une publicité en se posant ces questions :

Est ce que cet objet est vraiment nécessaire comme on essaye de me le faire croire ?

Est ce que j’ai quelque chose chez moi qui pourrait le remplacer ?

Est ce que j’en ai besoin ?

Et enfin, sa possession me rendrait-elle heureuse ?

 

Mes projets pour aller plus loin dans cette démarche:

  • Travailler moins, gagner moins, et vivre mieux.
  • Rédiger deux listes : celle des choses dont j’estime avoir besoin, et celle des choses que j’ai déjà. De les étudier plus en profondeur, et… d’improviser !
  • Réitérer l’expérience du minsgame, si j’éprouve encore le besoin de désencombrer, parce que c’est vraiment une très, très bonne méthode

Mes sources :

Les deux livres de Dominique Loreau :

“99 objets nécessaires et suffisants”

et “L’art de la simplicité”.

Je vous souhaite à tous un extraordinaire weekend,

mes jolis bourgeons ♥

2 Replies to “Le minimalisme”

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